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L’anniversaire de la salade

Je reconnais que c’est ce titre intrigant qui m’a attiré, alors que j’étais au rayon « littérature japonaise » de ma médiathèque… J’ai donc ouvert l’ouvrage de tanka (une autre forme de poésie, moins connue que les haïkus), au hasard (c’est toujours un bon test). Et là, j’ai lu : – – – – – Impasse du crépuscule À la vitesse où le soleil s’embrase les croquettes au fond de la boucherie se mettent à frire Les choux chinois dans leur bel obi rouge à la devanture s’étalent béats béats épaule contre épaule Comme si en rang serrés des ongles de fillette y étaient incrustés vif éclat des dorades chez le poissonnier Dans leur boîte de conserve les petits pois au beau milieu de la nuit « Ouvrez ouvrez » chuchotent-ils – – – – – J’aime le pouvoir évocateur de ces vers : en quelques mots, on imagine le marché qui s’installe, les écailles brillantes des poissons « comme des ongles de fillette », les choux parés et bien rangés… Ce recueil de 15 poèmes de TAWARA Machi a été …

Haïkus de circonstance

Pour fêter cette belle journée, quelques haïkus glanés ici et là… Dans l’eau que je puise scintille le début du printemps (Ringaï) La cueillir quel dommage ! la laisser quel dommage ! Ah ! cette violette (Naojo) Dans le ciel bleu un seul nuage blanc – cerisier en fleur (inconnu) Cerisiers en fleurs – on ne pourrait pas lui en vouloir s’il était fier (inc.) Neige de printemps – les pétales du cerisiers pour haïku débutant (inc.) Pendant la guerre le printemps continue Cerisiers en fleurs (inc.) Déjà vu tous les cerisiers en fleurs et pourtant (inc.) Belle journée à tous !

Le Peintre d’éventail

J’achève une très belle lecture : « Le Peintre d’éventail » de Hubert Haddad. Ayant déjà dévalisé les rayons « poésie » des librairies de tout ce qui se rapportait de près ou de loin aux haïkus (ou haïkaï pour les plus puristes), j’étais néanmoins passé à côté de ce beau livre (je parle ici de la couverture). L’histoire : un homme se retire au fin fond du Japon, dans une pension où résident des personnages singuliers et hauts en couleurs. Chacun a son histoire, son passé, et ses rêves de futur. Parmi eux : un vieux jardinier, qui a façonné un petit bijou végétal, un « véritable labyrinthe aux perspectives trompeuses » et qui, à ses heures perdues, peint des paysages sur de larges éventails, accompagnés de haïkus. Petit à petit, une complicité naît entre Matabei (le nouveau pensionnaire) et le vieux Maître Osaki. C’est un roman d’initiation, de transmission à plusieurs niveaux, c’est une lecture contemplative, au rythme mesuré, aux fulgurances délicieuses. Mais, tout comme le Maître apprend que les contrastes donnent leur beauté au jardin (et qu’il appelle …