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Le Tokyo de Daido

« Pour moi, déambuler dans les rues, un appareil photo à la main, est une seconde nature ». Daido Moriyama, 77 ans, l’un des photographes les plus célèbres du Japon, s’expose à la Fondation Cartier jusqu’en juin. Un photographe et un Japon loin des clichés.

Depuis les années 70, il photographie Tokyo et tout spécialement son quartier, Shinjuku, à l’instinct. Sans se soucier des règles académiques. Ses photographies, tantôt très construites, avec un beau piqué, tantôt floues ou surexposées, ont parfois été qualifiées de « sales » par la critique. C’est que Daido Moriyama cherche avant tout à saisir un instant, à traduire une émotion, ce qui donne une grande force expressive à ses œuvres.

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Deux sensations

L’exposition de la Fondation Cartier se vit en deux parties, en deux sensations.
Tout d’abord, une sélection de photographies récentes (2008 à 2015), en couleurs : Tokyo Color. Reproduites sur de grands panneaux fixés à des poteaux en béton, organisées de façon labyrinthique, elles nous invitent à les découvrir en déambulant nous-mêmes dans cette sorte de ville reconstituée, baignée de lumière.
Ensuite, en pénétrant dans une salle obscure, on assiste à la projection, sur 4 écrans, de près de 300 clichés noir et blanc réalisés en 2014 et 2015 : Dog and Mesh Tights.

Dans les deux cas, on a parfois l’impression que l’artiste est multiple dans sa façon de photographier : un Moriyama ultra-perfectionniste et réfléchi, un autre spontané et vif, un autre encore fasciné par le graphisme de la ville, ses grilles, ses tuyaux, fils électriques, néons…, un autre enfin obsédé par le vivant – des femmes aux SDF, des chiens aux fleurs.

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Couleur, noir et blanc, même démarche

Il serait inexact de penser que Daido Moriyama a commencé par le noir et blanc puis a poursuivi son travail par la couleur. ll a pratiqué la photo couleur depuis les années 70, mais s’y est consacré pleinement que depuis les années 2000. Il avoue que le noir et blanc exprime plus son monde intérieur, ses émotions, sensations, et que la couleur fixe ce qu’il rencontre, sans aucun filtre. C’est ce qui lui fait dire également que le noir et blanc est pour lui plus érotique que la couleur qui, elle, a un rapport plus direct.

Mais même lorsqu’elle est en couleur, la photo est presque monochrome, ou possède en tous cas une dominante clairement marquée. À propos de la couleur, Daido Moriyama dit : « j’aime quand elle est très franche, ou au contraire très douce ».

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Au final, une impression étrange d’avoir partagé les promenades photographiques de l’artiste, témoins du flux urbain, tout en n’ayant pas le sentiment d’en avoir fini ou d’en avoir fait le tour… « J’ai beau fréquenter Shinjuku depuis près de quarante ans, elle demeure énigmatique à mes yeux » confirme l’artiste.

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L’artiste, photographié par Thierry Hay.

 

Photos : tous droits réservés.

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